Je n’en peux plus du trouble d’opposition

opposition

LE trouble d’opposition… ce trouble associé au TDAH, véritable calvaire pour les parents.  Je sais ce que c’est… j’ai un fils qui nous le rappelle chaque jour… ce formidable trouble qui nous fait sentir incompétent comme parent, incapable puis impuissant… les 3 « i » quoi!  Le trouble d’opposition qui marche main dans la main avec son ami la provocation… qui se tiraille sans cesse avec son autre ami l’anxiété.  Ami, plus ami, ami, plus ami.  Cette relation malsaine qui provoque des colères, des larmes puis beaucoup d’incompréhension (tient, un autre i).

Quand j’ai du mal avec fiston, je me tourne vers le spécialiste, Dr Benoît Hammarenger. Ça tombe bien, il a justement écrit sur le sujet en mars dernier dans la revue Naître et Grandir.

C’est quoi exactement?

D’abord, avant de conclure à un TOP (Trouble d’Opposition avec Provocation), il faut comprendre que les enfants sont tous en quête d’autonomie durant leur développement. Le TOP touche à peine 3 à 5% des enfants. Le TOP se caractérise en gros par une désobéissance quasi constante.

« L’enfant avec un trouble d’opposition peut réagir : de façon passive en ne répondant tout simplement pas; agressivement en se mettant en colère, en criant et en frappant; en provoquant ses parents pour avoir de l’attention ou obtenir ce qu’il veut ».

Comment on sait si c’est bien le TOP?

Le Dr Hammarenger identifie les signes suivants :

  1. Refuser systématiquement de se plier à vos demandes ou à celles d’une autre figure d’autorité (lire: surtout les parents);
  2. Tenir tête constamment et se moquer des conséquences ou des punitions (Absolument!! Puis le regretter ensuite);
  3. Réagir par des crises de larmes importantes (souvent quand il/elle réalise que la conséquence/punition est appliquée);
  4. Réagir avec une certaine violence (lance ou brise des objets, crache, etc.);
  5. Provoquer souvent. Par exemple, utiliser des gros mots pour vous faire réagir ou briser volontairement une règle pour provoquer votre réaction et votre colère (c’est probablement ce qui challenge le plus, se faire chercher constamment);
  6. Chercher à se venger en vous faisant payer ce que vous lui avez imposé et qui lui déplaît (une notion qui est mal compris… ça-ne-sert-à-rien-de-te-venger);
  7. Faire des crises qui augmentent en fréquence et en intensité (ici c’est le matin et je vous jure que ça bousille ma journée);
  8. Présenter des comportements opposants au-delà de la période normale de 3 à 4 ans. Après l’âge de 5 ans, s’opposer toujours avec autant d’ardeur (il a 10 ans et c’est toujours constant).

Même si ça fait maintenant 2 ans que nous savons que fiston a un TOP, que nous avons été en psychoéducation pendant un an pour aller chercher des outils, le TOP est comme une vague, elle revient… alors on remet tout en place, un système d’émulation, on ajuste notre autorité, nos interventions…

Comment s’en sortir?

Même si vous savez déjà ce qu’il faut faire pour vous sortir du cercle infernal de la confrontation, il est parfois bon de se les rappeler.  Voici donc des pistes d’intervention proposées dans l’article :

  • Tentez de trouver la cause du comportement de votre enfant. A-t-il vécu des choses difficiles récemment?
  • Renforcez le lien positif entre vous et votre enfant. Pour ce faire, assurez-vous de réserver des moments à votre horaire pour les consacrer juste à votre enfant. Ce sera l’occasion de jouer avec lui, de lui raconter une histoire, de l’écouter. Il sentira alors qu’il est important pour vous et cela renforcera son lien d’attachement. Ce n’est pas toujours chose simple, surtout quand l’enfant provoque, se venge et confronte sans cesse…
  • Faites de la discipline positive. Plus vous dites non, plus votre enfant le dira aussi. L’idée n’est pas de dire oui à tout, mais de nommer les limites positivement. Ainsi, s’il vous demande quelque chose, vous pourriez répondre : « Oui, mais quand tu auras pris ta pilule et brossé tes dents. » Et ça, ce n’est pas chose faites, croyez-moi!
  • Évitez l’argumentation. Plus vous répétez et prolongez vos explications, plus votre enfant aura l’occasion de s’opposer à vos demandes et plus la situation risque de s’empirer. Vous pouvez appliquer la règle du 1, 2, 3. Expliquez à votre enfant que vous compterez tout haut jusqu’à trois et que s’il n’a pas écouté, il devra assumer la conséquence que vous aurez préalablement déterminée.
  • Gardez le contrôle. N’attendez pas de perdre patience avant de formuler votre demande. Votre enfant fait une crise? Laissez-le en lieu sûr et sortez de la pièce. Laissez-le se calmer tout seul et arrêtez d’interagir avec lui quelques instants.  Difficile… très difficile.
  • Privilégiez le renforcement positif. Soulignez ses bons coups, encouragez-le souvent et dites-lui combien vous êtes fier de lui. De même, n’hésitez pas à donner de l’attention à votre enfant quand tout va bien. Lorsqu’il s’amuse tranquillement, dites-lui combien vous êtes content de lui. Et même quand on le fait constamment, on dirait qu’il est insatiable… que même s’il a été un champion et qu’on lui dit, ce n’est toujours pas assez.
  • Préparez un tableau de motivation. Ciblez 3 ou 4 comportements concrets à améliorer que vous récompenserez. Offrez-lui un privilège non matériel comme des minutes pour se coucher un peu plus tard, une période de jeu particulière avec vous, etc. Je vous propose d’ailleurs mon système des points bleus.

Je ne pensais pas dire une telle chose, mais le TDAH est vraiment de la petite bière comparativement au trouble d’opposition.  C’est de loin le trouble le plus difficile pour nous à la maison. Et ça ne touche pas juste nous comme figure d’autorité, ça touche aussi la fratrie qui souffre d’être elle aussi confrontée et baignée au coeur de confrontations. Ce que je retiens des recommandations, c’est de passer du temps positif avec l’enfant.  De lui accorder de l’attention, à condition qu’elle soit positive. Nous travaillons fort en ce sens, mais nous sommes aussi humains et on ne peut malheureusement tout contrôler et être parfaits.  S’agit maintenant de ne pas s’épuiser et d’arriver à garder la tête hors de l’eau.

Source : Naître et grandir (mars 2015)

Avez-vous un TDAH?

 

Le TDAH  (trouble déficitaire de l’attation avec ou sans hyperactivité) chez l’adulte est un trouble neurobiologique qui peut aussi être classé comme un trouble de santé mentale.

Taux de prévalence

Auparavant, on croyait que les symptômes du TDAH disparaissaient lorsque l’enfant devenait un adolescent. Mais nous savons maintenant que plus de 60% des adultes continueront à présenter les principaux symptômes à l’âge adulte. Certains adultes atteints d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ont été diagnostiqués avec un TDAH lorsqu’ils étaient enfants et d’autres ont peut-être reçu un traitement, mais beaucoup d’adultes ne savent pas que leurs difficultés sont causées par le TDAH jusqu’à ce qu’ils soient diagnostiqués. Selon une estimation prudente, la prévalence du TDAH est de 4% chez les adultes. Le TDAH n’est pas strictement un phénomène nord-américain, mais un trouble qui est reconnu dans le monde entier.

Symptômes

Les symptômes du TDAH incluent l’incapacité à gérer l’attention (incapacité à être attentif pendant un certain temps, hyper concentration et incapacité à recentrer son attention, et difficulté à donner une priorité selon le niveau d’importance et non d’intérêt) ayant une atteinte fonctionnelle significative sur la vie de l’individu et possiblement, mais pas nécessairement, l’hyperactivité et l’impulsivité. Comme pour le TDAH chez l’enfant, il existe trois sous-types de TDAH chez l’adulte qui sont déterminés en fonction du type de symptômes présentés, y compris: inattention prédominante (anciennement connu sous le nom TDA), combiné (tous les trois symptômes) et hyperactivité prédominante (extrêmement rare). Plusieurs des symptômes du sous-type inattention prédominante du TDAH peuvent être introvertis, ce qui les rend plus difficiles à identifier.

Certains symptômes du TDAH, comme l’hyperactivité extravertie, peuvent diminuer tout au long de la vie de l’individu, mais plusieurs adultes continuent à décrire un sentiment d’agitation interne. Certains adultes disent qu’ils ont simplement appris à canaliser leur agitation. Même si l’impulsivité peut diminuer à l’âge adulte ou tout simplement changer la façon dont elle se présente, plusieurs adultes atteints d’un TDAH trouvent que l’impulsivité au niveau de leurs paroles, gestes et habitudes de dépenses peut leur donner beaucoup d’ennuis. Les déficiences des fonctions exécutives telles que les difficultés avec la mémoire active, les habiletés organisationnelles, la gestion du temps, la planification et la hiérarchisation des priorités, de même que le manque d’habiletés sociales, sont toutes présentes chez les adultes atteints d’un TDAH. Pour la liste complète des symptômes, veuillez consulter le document intitulé “Drapeaux rouges – TDAH chez l’adulte”.

Source: http://adhdawarenessweek.ca/fr/?page_id=459

Pourquoi les entreprises recherchent-elles des personnes dyslexiques, ou présentant le syndrome d’Asperger, ou un TDA?

lors que durant des décennies, les entreprises s’efforçaient de recruter les employés les plus équilibrés et les plus diplômés, The Economist indique que l’on assiste à une nouvelle tendance : l’attirance de plus en plus grande pour les personnalités hors normes. Les créatifs, les rebelles et les excentriques sont maintenant recherchés dans toutes sortes de domaines, tandis que les psychopathes sont particulièrement représentés à Wall Street.

Les recruteurs ont fait le lien entre les qualités qui font les meilleurs programmeurs, et le syndrome d’Asperger, telle que l’obsession pour un sujet particulier, l’attirance pour les chiffres, les modèles et les machines, et que les tâches répétitives ne rebutent pas. Le magazine Wired avait même parlé d’un « Syndrome du geek », et Peter Thiel, l’un des premiers investisseurs dans Facebook, avait dit au New Yorker que ses dirigeants étaient « autistes » en quelque sorte. Un ex-employé de Facebook, Yishan Wong, avait d’ailleurs écrit que Mark Zuckerberg, le fondateur, avait une « touche d’Asperger », parce qu’il ne réagissait pas lorsqu’il écoutait quelqu’un. Les firmes financières s’intéressent aussi à ces profils pour travailler dans les salles de marché ou à la gestion des hedge funds.

Beaucoup de chefs d’entreprises présentent aussi des singularités mentales. En particulier, ils sont étonnamment souvent dyslexiques. Lors d’une enquête menée au sein d’un groupe de chefs d’entreprises, Julie Login de la Cass Business School avait trouvé que 35% d’entre eux étaient dyslexiques, alors que les dyslexiques ne représentent que 10% de la population normale, et seulement 1% des gestionnaires. Les fondateurs de Ford, General Electric, IBM et Ikea sont dyslexiques, tout comme l’est Richard Branson, le fondateur de l’empire Virgin, John Chambers de Cisco, et comme l’était Steve Jobs, le créateur d’Apple. Les dyslexiques, qui ont des difficultés à la lecture, apprennent vite à déléguer, ce qui les prépare à la direction d’entreprise.

D’autres chefs d’entreprises manifestent un trouble déficitaire de l’attention (TDA), et selon certaines études, les personnes atteintes de ce trouble seraient 6 fois plus enclines que les autres à créer leur entreprise. L’une d’entre elles, David Neeleman, fondateur d’une compagnie aérienne low-cost, JetBlue, explique qu’il recherche constamment les améliorations et que si ce trouble est à l’origine de sa tendance à procrastiner, et de son incapacité à se concentrer, il l’a aussi doté de créativité et du goût du risque.

Quel avenir pour ceux qui ne présentent pas ces particularités ? Ils peuvent se rassurer. Les sociétés qui recrutent ces génies ont aussi besoin de gestionnaires plus rationnels pour travailler avec eux, réaliser les tâches plus banales, et s’occuper des clients, ce qui n’est pas le fort de ces personnalités.

Source: http://www.express.be/business/fr/hr/pourquoi-les-entreprises-recherchent-elles-des-personnes-dyslexiques-ou-presentant-le-syndrome-dasperger-ou-un-tda/169347.htm

 

La télévision et les jeux vidéo pourraient contribuer à accroitre les problèmes d’attention chez les jeunes

 

téléchargementTexte traduit et adapté de ISU study finds TV viewing, video game play contribute to kids’ attention problems, publié sur le site de l’Université de l’Iowa le 4 juillet 2010. Une nouvelle étude menée par trois psychologues de l’Université Iowa a révélé que l’exposition à un écran de télé est associée à une hausse des problèmes d’attention chez les jeunes. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Pediatrics le 5 juillet dernier.

Les chercheurs ont découvert que les enfants qui ont passé plus de temps devant l’écran que les 2 heures recommandées par l’American Academy of Pediatrics avaient 1,5 à 2 fois plus de chances d’avoir des problèmes d’attention.

« La plupart des enfants passe beaucoup plus de 2 h devant l’écran. Dans notre échantillon, la durée moyenne totale du temps de visionnement est de 4,26 h par jour. Notons que cette moyenne est par ailleurs inférieure à la moyenne nationale. »

Une recherche menée sur des élèves du primaire et des jeunes adultes

Les chercheurs ont suivi un premier groupe de 1 323 enfants de 3e, 4e et 5e année pendant 13 mois. L’équipe de recherche a demandé aux parents des jeunes participants de remplir des formulaires sur les habitudes télévisuelles de leurs enfants et sur le temps qu’ils consacraient aux jeux vidéo. Les données sur les problèmes d’attention ont été recueillies auprès de leurs enseignants. Le second groupe était constitué de 210 jeunes adultes qui ont auto-évalué leur exposition à la télévision et aux jeux vidéo et ils ont répondu à des questions portant sur les problèmes d’attention.

On ne sait pas encore exactement pourquoi les médias sur écran peuvent augmenter les problèmes d’attention. « Toutefois, de nombreux chercheurs pensent que cela peut être dû au déferlement rapide d’images ou à d’autres effets visuels qui attirent naturellement l’attention et qui sont utilisés par la télévision et les jeux vidéo », affirme Edward Swing qui a dirigé l’étude.

Douglas Gentile, un des chercheurs ayant mené l’étude, est d’avis que le rythme des émissions de télévision s’est accéléré à cause de « l’effet MTV. »

« Dès son arrivée sur les ondes, MTV a diffusé des clips qui présentaient un flot d’images qui se succédaient à la seconde ou aux deux secondes, explique Gentile. Par conséquent, le rythme des émissions de télévision et des films s’est accéléré lui aussi. »

Le chercheur pense que ce rythme pourrait avoir des effets cérébraux sur le plan du maintien de l’attention.

« La neuroscience nous a appris que le cerveau se développe en fonction de ce qu’il fait, soutient Gentile. Si les enfants entrainent leur cerveau à être constamment soumis à des stimuli (sons, lumière, angles de caméra) ou à recevoir une rétroaction immédiate (comme dans les jeux vidéo), les enseignants qui ne disposent pas d’un budget d’un million de dollars par épisode peuvent avoir de la difficulté à maintenir l’attention de leurs élèves en classe. »

Des liens potentiels entre la télé, les jeux vidéo et le TDAH

En se basant sur les résultats de leur étude, Swing et Gentile concluent que l’exposition à la télévision et aux jeux vidéo pourrait être un facteur qui contribue au développement du trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) chez les enfants.

« Nous savons que le cerveau s’adapte et évolue en fonction des stimuli de l’environnement auquel il est exposé à plusieurs reprises. Par conséquent, il n’est pas déraisonnable de croire que les stimuli de l’environnement peuvent augmenter le risque de développer le TDAH, de la même manière que les stimuli de l’environnement, comme le tabagisme, peuvent augmenter le risque de cancer. »

« Même si notre étude ne portait pas spécifiquement sur le TDAH, nous nous sommes concentrés sur des problèmes d’attention qui sont vécus par les élèves atteints du TDAH, ajoute Swing. Par exemple, nous avons été surpris de constater que, sur une période d’un an seulement, les enfants les plus exposés à l’écran risquaient de développer des problèmes d’attention en classe. »

Swing souligne que les liens trouvés entre les problèmes d’attention, l’exposition à la télévision et aux jeux vidéo sont significatifs, mais faibles.

Il est important de noter que le temps passé devant la télévision ou devant les jeux vidéo ne peut pas uniquement expliquer le développement des problèmes d’attention. De toute évidence, d’autres facteurs entrent en ligne de compte.

Les chercheurs ont l’intention de continuer à étudier les effets sur l’attention du temps passé devant le petit écran. Ils espèrent aussi mener prochainement des recherches qui pourraient cerner les aspects les plus dommageables de la télévision et des jeux vidéo sur l’attention. Edward L. Swing, Douglas A. Gentile, Craig A. Anderson, David A. Walsh (2010). Television and Video Game Exposure and the Development of Attention Problems. Pediatrics, vol. 126, no 2 (août 2010), p. 213-222 (télécharger l’article en prépublication [PDF])

Méditation et TDAH

Les personnes qui pratiquent la méditation sont plus habiles à se concentrer sur une source d’information précise. (Image: iStockphoto)Les personnes qui pratiquent la méditation sont plus habiles à se concentrer sur une source d’information précise. (Image: iStockphoto)

Les adeptes de la méditation de pleine conscience possèderaient une plus grande épaisseur corticale dans des régions du cerveau responsables de la régulation de l’attention. Une partie de ces mêmes zones serait plus mince chez les individus souffrant d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Des chercheurs de l’Université de Montréal et de l’Université McGill ont établi ce rapprochement qui fait l’objet d’un article publié dans la revue BiologicalPsychology.

«Cette recherche donne à penser qu’on aurait peut-être intérêt à procéder à des études cliniques bien contrôlées pour vérifier si des personnes aux prises avec un TDAH pourraient bénéficier des effets de la méditation. D’autant plus que des travaux à l’aide de l’imagerie fonctionnelle ont déjà montré que la méditation pourrait améliorer les capacités d’attention de gens qui ne présentent pas un tel déficit», estime Pierre Rainville, professeur au Département de stomatologie de l’UdeM et directeur du Laboratoire de recherche en neuropsychologie de la douleur.

Les chercheurs ont fait passer différents tests à 18 adeptes de méditation ayant accumulé un minimum de 1000 heures de pratique. Ils ont découvert que ces participants rapportaient une plus grande «capacité d’absorption» que les sujets témoins. Meilleure était la capacité d’absorption, plus grande était l’épaisseur corticale. «On définit la capacité d’absorption comme l’aptitude à s’immerger complètement dans ce qui soutient notre attention. C’est la façon, par exemple, dont un spectateur assis dans un théâtre se voit transporter par l’action qui se passe sur scène au point où il en oublie où il se trouve», explique M. Rainville.

Cette capacité d’absorption rendrait les personnes qui pratiquent la méditation plus habiles à se concentrer sur une source d’information précise, de même qu’à filtrer toute interférence. Des chercheurs américains ont récemment réussi à faire cette démonstration par des tests neuropsychologiques et des mesures d’activité cérébrale, rappelle le professeur Rainville.

Pierre RainvilleSelon lui, ces nouvelles données renforcent la pertinence de poursuivre d’autres recherches pour évaluer les effets de la méditation de pleine conscience sur le contrôle de la douleur. Cela pourrait être particulièrement intéressant chez des personnes âgées en bonne santé ou souffrant de troubles cognitifs légers. «Bien qu’ils perçoivent la douleur avec peut-être davantage d’acuité, les adeptes de méditation n’y réagissent pas avec la même émotion. Des résultats en imagerie cérébrale fonctionnelle illustrent bien que les régions de leur système limbique, qui jouent un rôle important dans les émotions, ne sont pas mobilisées lorsqu’ils ont mal. Certaines recherches semblent indiquer que l’efficacité des systèmes d’autorégulation de la douleur diminuerait au cours du vieillissement normal. Est-ce que la méditation pourrait alors aider les gens âgés à mieux gérer leur douleur? Cela reste spéculatif mais mérite assurément notre attention», avance celui qui est aussi chercheur à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

Si les bienfaits cliniques de la méditation demeurent encore incertains tant pour les individus aux prises avec un TDAH que pour soulager la douleur chez les ainés, il en va autrement pour les personnes souffrant d’anxiété ou des effets délétères du stress. «Ces individus voient souvent leurs pensées ou leurs activités interrompues par des interférences qui proviennent de ruminations ou de l’anticipation d’un danger potentiel, mentionne Pierre Rainville. La méditation de pleine conscience, en nous aidant à recentrer notre attention sur le moment présent, contribuerait à diminuer le retentissement émotionnel négatif de ces pensées. Évidemment, cela pourrait également expliquer au moins en partie les effets bénéfiques que nous avons observés sur la douleur.»

Manifestement, ce champ de recherche aux frontières des neurosciences cognitives et des approches parallèles issues des traditions orientales nous réserve encore bien des surprises.

Source:http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-sociales-psychologie/20130408-la-meditation-et-le-tdah-touchent-des-regions-du-cerveau-qui-se-chevauchent.html