Enfants sous contrôles, adultes fragilisés

Fotolia enfant arbre

Les parents trop contrôlants croient souvent protéger leurs enfants de l’influence (néfaste) de leurs pairs. Pourtant, une étude américaine, publiée dans Child Development, montre qu’un tel comportement est contreproductif pour le développement des habiletés sociales de l’enfant, notamment sa capacité à gérer et régler les désaccords.

Lit pas fait, devoirs non terminés ou abus de sortie entre amis… Les adolescents ont besoin de règles, vous en conviendrez. Néanmoins, la façon dont les parents exigent le respect de ces limites influence les futures aptitudes sociales de leur progéniture, disent dans leur étude des psychologues de l’Université de Virginie.

À partir d’entrevues menées auprès de 184 adolescents de 13 ans, les chercheurs ont pu déterminer quelles sont les tactiques employées par les parents pour garder leurs enfants « sous contrôle ». Par exemple, culpabiliser son enfant pour le manipuler ou s’en désintéresser s’il n’est pas du même avis sur un sujet.

Les auteurs de l’étude ont poussé l’observation des comportements encore plus loin. Ils ont suivi ces enfants à 18 ans et à 21 ans et se sont intéressés à leurs interactions avec leurs camarades ou ami(e)s de cœur. Comment allaient-ils gérer une différence d’opinion avec un ami?

Parmi ces jeunes adultes, ceux qui avaient eu les parents les plus contrôlants montraient plus de difficulté à exprimer avec confiance leur point de vue à leurs amis et à l’argumenter. Et les effets de cette inaptitude s’amplifient avec l’âge, ont constaté les chercheurs.

En résumé, plus les parents exercent de contrôle psychologique sur leurs enfants, moins ces derniers sont susceptibles d’exprimer leurs propres opinions, et par la bande d’acquérir leur indépendance. Évidemment, les psychologues ne peuvent pas définir quel serait un niveau de contrôle psychologique acceptable!

Entrer en résistance?

Bien que les parents aient besoin de fixer des limites, ce genre de tactiques de domination est à proscrire. Expliquez plutôt les raisons derrière les règles fixées ou tournez les désaccords en sujets de conversation. Deux techniques bien plus efficaces pour préparer les jeunes à faire face à de futures disputes. Ce n’est pas moi qui le dis, mais une flopée d’études.

De précédentes recherches ont même montré que les adolescents qui avaient de la difficulté à exprimer leurs opinions lors de différends étaient plus à risque d’employer à l’âge adulte des méthodes violentes pour faire valoir leur point. Ils sont aussi plus sujets à souffrir de dépression ou de solitude.

Source: Child Development, The Cascading Development of Autonomy and Relatedness From Adolescence to Adulthood (octobre 2014)

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