Les souvenirs de la prime enfance s’effacent à 7 ans

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A quand remonte votre souvenir le plus ancien ? Probablement à un âge égal ou supérieur à 3 ans. Et pour cause, puisque selon une étude américaine, l’être humain oublie les évènements vécus entre 0 et 3 ans lorsqu’il atteint en moyenne l’âge de 7 ans. Crédits : Mallory Simon

Les souvenirs enregistrés entre 0 et 3 ans s’évanouissent généralement autour de l’âge de 7 ans, révèle une étude américaine.

Nous l’avons tous expérimenté, nous n’avons généralement aucun souvenir des événements que nous avons vécus entre zéro et trois à quatre ans. Un phénomène que les psychologues ont poétiquement baptisé « amnésie de l’enfance ».

Mais quand avons-nous oublié ces évènements ? Lorsque nous avons atteint les sept ans, selon une étude menée par deux psychologues américains de l’Université Emory, à Atlanta. Un résultat publié dans l’édition du mois de janvier 2014 de la revue Memory.

Aujourd’hui, on sait que la mémoire autobiographique est multiple, elle contient des connaissances générales, ainsi que des expériences uniques propres à un individu, qui ont été accumulées depuis l’enfance, et qui permettent à cet individu, de se construire un sentiment d’identité.

La mémoire autobiographique permet de « voir » des images, mais aussi de se promener dans ses souvenirs, en ayant « gardé en tête » les odeurs, les bruits… tout ce qui constitue une ambiance. Il s’agit d’une mise en scène de son propre corps. La mémoire autobiographique, c’est la « vraie » mémoire à long terme, celle qui permet de dater nos souvenirs et de construire notre identité.  Elle a plusieurs caractéristiques essentielles : elle ne concerne pas seulement les événements personnellement vécus situés dans le temps et l’espace, mais également la phénoménologie des détails (c’est-à-dire perceptive, cognitive, affective) de ces événements et des connaissances plus générales sur soi. Elle forge au fil du temps notre sentiment d’identité et de continuité.

Pour parvenir à ce résultat, les deux scientifiques américains ont mis en place une méthodologie articulée en deux phases, impliquant 83 enfants tous âgés de trois ans au début de l’expérience.

Lors d’une première phase, les parents des enfants qui avaient été recrutés pour l’expérience ont eu pour mission de demander à leurs enfants, qui étaient donc âgés de trois ans à ce moment-là, de leur indiquer les six souvenirs d’événements récents qu’ils avaient en tête (un anniversaire, une sortie au zoo…). Chaque souvenir s’est alors trouvé soigneusement consigné par les deux auteurs de l’étude.

Puis, lors d’une deuxième phase, l’aptitude de ces enfants à se remémorer ces événements a été testée. Pour ce faire, les 83 enfants ont été divisés en cinq groupes : les enfants du premier groupe ont eu pour mission de se remémorer les six événements qu’ils avaient raconté à leurs parents une fois l’âge de cinq ans atteint, soit deux ans après la conversation avec leurs parents. Quant aux enfants du deuxième groupe, il leur a été demandé de se rappeler de ces six événements lorsqu’ils avaient atteint les six ans. Et ainsi de suite jusqu’au dernier groupe, dont les enfants ont été questionnés lorsqu’ils avaient neuf ans…

Résultat ? Alors que les enfants âgés de cinq à sept ans étaient capables de se remémorer 63 à 72 % des souvenirs qu’ils avaient racontés à leurs parents lorsqu’il avait trois ans, les enfants âgés de huit et neuf ans n’étaient capables de se rappeler que de 35 % de ces événements.

Un résultat qui suggère donc qu’il existe bel et bien un seuil situé autour de sept ans, au-delà duquel une grande partie des souvenirs de la prime enfance s’évanouit.

Selon les auteurs de l’étude, cette « amnésie de l’enfance » est due au fait que les enfants ne disposent pas des bases neuronales nécessaires pour mémoriser durablement les éléments de leur mémoire autobiographique (la mémoire autobiographique regroupe les souvenirs qui concernent notre propre existence, avec les lieux, les dates et les émotions qui y sont associés ; pour en savoir plus,visionner cette vidéo consacrée à la mémoire autobiographique, publiée sur le site de Canal Académie).

Mais au fond, pourquoi s’intéresser à cette question ? Tout simplement parce que la capacité que nous avons à nous souvenir des événements relatifs à notre propre vécu façonne le sentiment de notre propre identité. Par conséquent, mieux comprendre comment la mémoire autobiographique se fixe chez l’enfant est précieux pour la compréhension du fonctionnement du sentiment d’identité chez l’adulte.

Cette étude a été publiée dans l’édition du mois de janvier 2014 de la revue “Memory”, sous le titre« The onset of childhood amnesia in childhood: A prospective investigation of the course and determinants of forgetting of early-life events http://www.journaldelascience.fr/homme/articles/souvenirs-prime-enfance-s-effacent-7-ans-3421».

(source: http://www.arcturius.org/chroniques/?p=26807)

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