Une autre façon d’apprendre pour les enfants autistes

Au Québec, les enfants autistes reçoivent des soins spécifiques pour surmonter leurs difficultés d’apprentissage. Ceux-ci touchent principalement le comportement, la communication et l’interaction, des approches qui font parfois de vrais miracles, mais qui laissent encore trop d’enfants dans l’ombre. En effet, ces approches laissent en plan des besoins encore plus criants qui touchent à la perception, au traitement de l’information et aux émotions, croient Brigitte Harrisson et Lise St-Charles, qui ont fondé Concept ConsulTED.

Brigitte Harrisson parle en connaissance de cause. Cette autiste de haut niveau a mis au point l’approche Saccade, qui s’attaque en priorité aux déficits sensoriels des autistes. Pour entrer en relation avec le monde, l’humain utilise le toucher, la vue et l’ouïe, et fait appel à ses facultés motrices, cognitives et langagières pour les interpréter. « C’est comme une équipe de hockey, illustre Mme Harrisson. Chez vous, les neurotypiques, les passes se font sans que vous vous en rendiez compte. Nous, on a une équipe d’élite encore plus performante, mais qui ne fait pas de passes. On voit, on entend et on touche, mais on ne perçoit pas. »

Résultat: plusieurs enfants ne répondent pas aux approches intensives et restent prisonniers de leur bulle, déplore Lise St-Charles. « Les gens travaillent très fort en ce moment pour développer les habiletés sociales, c’est la grosse mode. Mais c’est une erreur fondamentale de se contenter de cela. Ils travaillent dans le haut de la pyramide alors que les autistes sont coincés dans le bas de celle-ci, dans le monde des perceptions. »

C’est un peu comme mettre la charrue devant les boeufs, poursuit cette spécialiste de l’autisme. « Ça fait des enfants qui peuvent dire « je veux du jus », mais qui sont incapables de dire « j’ai soif ». Ils sont capables de dire qu’il est temps de manger quand Passe-Partout est terminé, mais ils ne savent pas qu’ils ont faim. Ils ne savent pas que le glouglou intérieur signifie qu’ils ont faim. Alors, si Passe-Partout passe le samedi matin à 8h et qu’il finit à 8h30, ils vont faire une crise si on ne leur donne pas à manger. »

Saccade est un programme d’adaptation qui vise à déverrouiller les facultés perceptives des autistes, souvent plus performantes que la moyenne, pour les aider à donner un sens à ce qui les entoure. Un projet-pilote démarrera sous peu dans une école montréalaise auprès d’un groupe d’enfants de quatre à sept ans. « L’idée, c’est de rendre l’enfant disponible aux apprentissages pour le retourner ensuite dans son quartier, une fois qu’il aura eu accès à son potentiel et saura comment l’utiliser. »

Cette approche fonctionne autant chez les tout-petits que chez les adultes. Mais attention, les résultats varient d’un individu à l’autre, et Saccade ne promet pas de miracles, insiste Mme Harrisson. « On ne guérit pas de l’autisme. On permet seulement aux autistes d’avoir accès à leur plein potentiel d’apprentissage, comme n’importe qui d’autre. » Elle cite l’exemple de cette petite fille de six ans qui, malgré des années de services intensifs, ne parlait pas, ne discriminait aucune information et n’avait aucune conscience de son environnement. Diagnostic: autisme avec déficit intellectuel profond.

Pour lire la suite de l’article paru dans le journal le Devoir: http://www.ledevoir.com/societe/sante/271073/une-autre-facon-d-apprendre

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